Notre vie dans les forêts

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Marie Darrieussecq,

publié aux Editions P.O.L, 2017

« Une femme écrit au fond d’une forêt. Son corps et le monde partent en morceaux. Avant, elle était psychologue. Elle se souvient qu’elle rendait visite à une femme qui lui ressemblait trait pour trait et qu’elle tentait de soigner un homme. »

Ce nouvel ouvrage de Marie Darrieussecq est pour le moins déconcertant. Les premières pages laissent le lecteur complètement abasourdi, s’il n’est pas un minimum prévenu de l’histoire qui se déroule sous ses yeux. La narratrice (qui se donne comme pseudo Viviane mais dont le vrai prénom est Marie), évolue dans une société dystopique, réglée par les horreurs de notre société actuelle : attentats, surveillance par drones ou caméras, enlèvements, mais surtout clones. Les personnages que Viviane/Marie rencontre au fil de l’histoire ont tous un « double », un « clone », une « jumelle », une « moitié ».

Au fil du roman, le lecteur passe par toutes les émotions : horreur, dégoût, peur, joie, colère, excitation… Les choix que la narratrice fait peuvent se lire comme les décisions qui changeront à jamais notre vie. Fermer les yeux sur les manipulations du gouvernement ou se battre, tenter de contrer ces horreurs, sauver ces personnes qui nous sont, de prime abord, présentées comme des mannequins sans émotions ?

Ce roman soulève des questions d’éthique, dans la lignée de 1984 d’Orwell, ou encore du Meilleur des Mondes d’Huxley, et avertit notre propre monde sur la dangerosité de l’avancée de la science, des dangers de la surveillance, le besoin de vouloir vivre éternellement… Toutes les questions qui se développent de plus en plus dans notre société actuelle, toujours plus technologique, sont soulevées dans ce roman, sans pour autant leur présenter une réponse, si ce n’est la vie primitive, dans les forêts

 

Après Truismes (1996) et Clèves (2011), j’avais abandonné la lecture de Marie Darrieussecq. Je trouvais son style d’écriture, (ainsi que ses sujets) trop déconcertants, trop difficiles à comprendre. Bon, mon jeune âge était probablement un grand frein à ces lectures, et c’est pourquoi je n’ai pas hésité à reprendre Notre vie dans les forêts lorsque je l’ai vu en librairie. Et, au bout du troisième roman, je suis enfin captivée par cette auteur. (Ce qui me donne du coup envie de reprendre les deux romans délaissés et qui prennent la poussière sur mon étagère!).

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