Sous tes baisers

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Anne Goscinny, 

publié chez Grasset, 2017.

« Gabriel,

Je suis née sous tes baisers et je suis morte sous tes coups.

Je croyais rencontrer l’amour et j’ai trouvé la folie.

Tu m’as prise à un autre et tu m’as abandonnée pour une autre.

Je n’avais d’autre choix que de tuer pour renaître.

Mathilde. »

Jeanne est morte. Après des années de souffrance morale, elle s’est éteinte, dans un fou-rire. Gabriel se sent désormais libre. Après avoir passé ses dernières années à prendre soin de son épouse, à aller la voir, à essayer de la comprendre, derrière ses rires. Maintenant qu’elle est partie, Gabriel peut enfin vivre. A presque 70 ans, il connaît une deuxième jeunesse. Mathilde, la cinquantaine, est toute dévouée à sa famille.  Entre Ava, sa fille, Stanislas, son mari et son travail d’illustratrice, Mathilde s’oublie, elle ne cherche plus à séduire. Jusqu’au jour où elle tombe (au sens propre) sur Gabriel.

Avec Gabriel, Mathilde renaît. Elle fond sous les caresses de son amant, elle s’empresse d’emmener sa fille à l’école pour courir le retrouver dans l’appartement qu’il a acheté. Elle rit de nouveau, elle s’apprête, elle retrouve sa condition de femme, oublie, le temps d’un après-midi, la mère qu’elle est. Puis, en fin de journée, alors que les stations de métro qui la séparent du cocon familiale défilent, elle redevient la Mathilde fade, effacée, mère, et épouse. Cette passion dure un temps, les deux amants se complètent ; elle, acceptant tous ses délires, ses fantasmes, lui la couvrant de cadeaux, de baisers, de messages et de « je t’attendrai ».

Puis, Gabriel, avocat à la retraite, rencontre Éléonore. Vingt-cinq ans, fraîchement diplômée, cette jeune avocate le contacte pour quémander des conseils juridiques. Comme avec Mathilde quelques mois plus tôt, Gabriel séduit la jeune femme, en tombe amoureux, la couvre elle-aussi de cadeaux, de baisers, la prend en photo, l’emmène en voyage. Éléonore, libre comme l’air, comble les absences de Mathilde.

Bien évidemment, Gabriel se lasse de Mathilde, lui préférant la disponibilité d’Eléonore, sa fougue, sa jeunesse. Amoureuse et passionnée, Mathilde se voile la face, elle ne veut pas croire à l’essoufflement de leur relation, elle s’accroche. Jusqu’au jour où Gabriel lui envoie un message…

 

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Que vous dire sur ce roman qui me bouleverse, m’a fait réfléchir, m’a fait peur même, parfois ? Anne Goscinny nous embarque dans une histoire qui paraît simple au premier abord : l’infidélité de Mathilde et sa nouvelle relation avec Gabriel. Pourtant, derrière un thème un peu banal, le lecteur se trouve face à un thème beaucoup plus dur, sensible voire même tabou : le comportement d’un homme manipulateur, pervers et sûr de lui.

Sans vous en dévoiler plus, l’intrigue est extrêmement bien menée, sans tomber dans le pathos ou les clichés. Le thème s’infiltre à travers de petites réflexions, quelques phrases, un comportement. De plus, ce roman écrit à la première personne du singulier, nous emmène dans les pensées des différents personnages. On saute de Mathilde à Gabriel, de Gabriel à Eléonore, et même de la Mathilde de septembre 2010 (heureuse et renaissante) à la Mathilde de septembre 2011 (détruite et prête à tout pour se venger).

Une écriture simple, une histoire qui paraît banale, des personnages attachants (on se haït d’apprécier autant Gabriel), Sous Tes Baisers est un roman qui se lit d’une traite.

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5 commentaires sur « Sous tes baisers »

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