Chorale 

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Nick Gardel

publié chez Friends Only, 2017.

« Un magasin qui explose, un mitraillage à la Kalashnikov, une sirène recherchée, un gang sanguinaire, Peter, Jean-Edouard et Loreleï sont des habitués du chaos.

Quand leurs extraordinaires aptitudes pour les ennuis s’entrecroisent, cette troupe soudée par l’amitié prend la route à bord d’une vieille DS qui en a vu d’autres.

Mais jusqu’où peut conduire l’amitié? »

Chorale, c’est l’histoire d’un quatuor qui a perdu l’un de ses membres. Chorale, c’est l’histoire des voix dans la tête de Vasquez. Chorale, c’est l’histoire des amours de Jed et de sa Sirène. Chorale, c’est un policier d’une autre dimension, un ovni qui envoie valser tous les codes du genre.

Quand Aykut Erdani disparaît, Peter Raven part à sa recherche, en quête de réponses. Il ne comprend pas pourquoi il se retrouve, lui aussi dans le radar de la police, ainsi que dans le viseur d’une association mafieuse turque. Après avoir essuyé une fusillade devant sa librairie, et sur le conseil de deux de ses contacts chez les flics, il préfère se faire tout petit pendant quelques temps, dans l’espoir de rester en vie.

Jean-Edouard (dit Jed), lui, revient d’Afrique où il a écumé les villes (avant que la turista ne le rattrape), avec l’espoir de retrouver une femme qu’il a aimé, le temps d’une nuit. Lorelei, sa sirène ne lui a pas donné de nouvelles après le billet d’avion qu’il lui a laissé avant de disparaître. Il la retrouvera finalement à Paris. Jed connaît Aykut depuis leur plus tendre enfance.

Jed et Peter ont tous les deux une vie chaotique et borderline, mais ne se connaissent pas. Ils vont se rencontrer dans des circonstances à la fois meurtrières et hilarantes. En compagnie de Lorelei, les voilà partis à la recherche de leur ami commun en essuyant les balles. Leur fuite, c’est l’histoire d’une confiance. Une confiance mutuelle qu’ils devront créer, mais également une confiance méfiante envers les personnages qu’ils rencontreront tout au long de leur périple.

Parallèlement à cette recherche, le lecteur rencontre Vasquez, « employé » d’un grand bandit Turc qui a pour mission de retrouver Aykut. Vont alors se superposer les deux quêtes : celle des amis du « réparateur d’aspirateur » et celle de celui qui est mandaté pour le tuer. Et ils vont se suivre, se séparer, se croiser, se menacer jusque dans une petite cabane dans les Vosges…

Sans titre 7

Pour moi, vous parler de ce polar c’est une torture. Et c’est une torture parce que j’ai adoré ce livre. Je l’ai dévoré en quelques heures (4 pour être précise) et je ne sais pas quoi vous dire. Déjà, je n’avais jamais lu de Nick Gardel avant d’ouvrir la partition de Chorale. Pour tout vous dire, j’ai eu un tout petit peu de mal à entrer dans l’histoire. Comme les personnages étaient déjà apparus dans d’autres livres, je ne comprenais pas leurs histoires, leurs relations et les quelques références au passé de ces mêmes personnages me troublaient et me dérangeaient quelque peu. En plus, l’écriture de Nick Gardel est un peu particulière (comme je suis incapable de vous la décrire, je vous cite simplement un passage) :

« Dans cette branche les perspectives d’avenir et les espérances de vie sont assez ténues. Le vieux malfrat se conserve à l’ombre ou se consomme rapidement. Heureusement le renouvellement naturel du paumé en mal d’idéal ne manque pas de vivacité. La racaille est féconde. Le miroir déformant d’une vie passée sans effort sous le règne de l’argent facile est toujours plus alléchant que le cruel constat de trimer pour peau d’nib. »

L’écriture est truffée de métaphores, de références littéraires, culturelles ou musicales, de mots plus rocambolesques les uns que les autres. On passe d’un langage soutenu à un langage plus que familier, les paroles prêtées aux personnages ne sont pas vraiment celles auxquelles on pourrait s’attendre face à leur description. Alors même si au début, il faut un petit temps d’adaptation, cette écriture a été le petit plus qui m’a réellement plongée dans le roman.

Je vais essayer de vous parler de l’histoire sans vous la dévoiler, parce que vraiment, ce serait dommage. On suit des personnages atypiques, marqués par la vie, qui se cherchent sans vraiment jamais trouver leur place. La formation de leur trio va redonner espoir à chacun, ils vont se serrer les coudes dans les coups durs et créer une véritable amitié, qui n’aurait jamais eu lieu si leur ami commun n’avait pas disparu.

L’intrigue est finalement assez banale, une mafia turque qui tente de faire le ménage dans leurs rangs, des protagonistes au mauvais endroit au mauvais moment… Un esprit très manichéen est présent tout au long de l’histoire, contrebalancé par les réflexions des personnages. Et puis les dialogues sont tellement hilarants que l’on oublie le cadre, on oublie que derrière ses personnages naïfs, amusants et parfois un peu idiots, se cachent trois cibles qui doivent fuir à tout prix.

Entre humour, musicalité, et avalanche de tirs, Chorale est une vraie pépite. Une partition difficile à suivre au début, mais qui se révèle tellement captivante et envoûtante. 

 

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D.E.C.E.M.B.R.E.

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6 commentaires sur « Chorale  »

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