Tenebra Roma

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Donato Carrisi, 

publié chez Calmann-Levy Noir, 2017

 

« Rome va plonger dans les ténèbres. Pendant 24 heures, toutes les lumières de la ville vont s’éteindre.

Dès le crépuscule, un tueur de l’ombre se met à frapper, aucun habitant n’est à l’abri, même enfermé à double tour. Crime après crime, le mal rejaillit sous sa forme la plus féroce.

Marcus, pénitencier qui a le don de déceler les forces maléfiques, échappe de peu à ce bourreau mystérieux. Mais qui a pu lui vouloir une mort si douloureuse ?

Epaulé par Sandra, photographe de scènes de crime pour la police, il doit trouver la source du mal avant qu’il ne soit trop tard… »

Black-out + pluie torrentielle = chaos. 

A cause du temps catastrophique qui s’abat sur Rome, les autorités décident de mettre en place un black-out pour réparer les installations électriques qui subissent les ravages de la pluie. Pour ce faire, pendant 24 heures, l’électricité sera entièrement coupée et les habitants de Rome seront appelés à rester chez eux à partir du coucher du soleil jusqu’à l’aube. La coupure de courant est prévue pour 7h41 du matin. Les habitants se préparent, s’équipent, se calfeutrent chez eux. La police s’installe dans un bunker sécurisé, pensant pouvoir superviser toute la ville à l’aide de caméras fonctionnant grâce à leurs puissants générateurs. A priori, tout le monde est préparé pour le mieux face aux 24 prochaines heures qui risqueront d’être interminables.

Sauf que tout ne va pas se passer comme prévu. On assiste en effet à la soudaine (et supposée) réapparition d’un enfant disparu il y a neuf ans. Pendant ce temps, Marcus, un prêtre pénitencier, victime d’amnésie, tente de découvrir comment il a fini enfermé dans les sous-sols de Rome. Sandra, une ancienne photographe de la police scientifique est rappelée à ses fonctions dans l’espoir qu’elle apporte des réponses sur une vidéo infâme retrouvée dans un taxi. Elle fait la rencontre d’un lieutenant de police suspect, grossier, répugnant et réputé dangereux… Pendant un jour et une nuit, Rome va se révéler être la ville la plus angoissante, étouffante du monde ; une ville où tous les crimes sont permis et où le Mal se promène en toute tranquillité dans les plus belles rues.

Sans titre 7

Je vous fais un très court résumé du livre parce que j’ai peur de trop en dévoiler, et il ne faut pas. L’enquête de Marcus et Sandra se révélera fructueuse, seulement si le lecteur ne se doute de rien et se retrouve exactement dans la même position que ce duo si particulier. Je vais simplement vous parler de mon ressenti face à ce terrible et monstrueux roman de Donato Carrisi.

Tout d’abord, il faut que vous sachiez que je n’avais jamais lu de Carrisi avant Tenebra Roma. Je connaissais bien entendu l’auteur de nom, mais j’étais incapable de dire ce qu’il avait écrit, de quels thèmes il traitait, où même sur quoi il était particulièrement porté. Si je vous précise tout cela, c’est pour vous encourager à lire ce roman, même si vous n’avez pas lu les autres. Vous ne vous sentirez pas perdu. Même si vous ne comprenez pas les références aux précédentes enquêtes de Sandra, ça ne gâche en rien le plaisir de la lecture et surtout la compréhension de cette intrigue-là. On comprend aisément que Sandra est une femme bouffée, malmenée, ballottée par la vie et les rencontres. Elle est détruite intérieurement, par la mort de ces deux précédents amants et par la disparition d’un être qu’elle a aimé, le temps d’un seul baiser.
Vous ne serez pas non plus déstabilisés par un potentiel manque de renseignements sur la profession de Marcus. Son rôle dans l’Eglise est expliqué, la place qu’il occupe au sein du « Tribunal des ténèbres » est assez claire.

Je ne peux que vous parler des émotions qui m’ont submergées pendant la lecture. Je pense que c’est la première fois qu’un roman policier me donne clairement la gerbe. Les meurtres sont détaillés, le vocabulaire est cru, visuel, réaliste. Nous aussi on découvre les cadavres en même temps que les protagonistes de l’histoire. Le génie de Carrisi réside réellement dans la facilité qu’il a à décrire des scènes morbides, horribles et répugnantes, comme s’il montrait un simple pique-nique dans les champs. Je n’étais vraiment pas prête pour ce genre de descriptions. Je préfère vous prévenir, mais il ne faut pas que cet avertissement vous empêche de prendre le livre. Il faut passer outre, (voire sauter les passages vraiment trop déplaisants) et s’accrocher parce que l’intrigue vaut vraiment le coup. Bon je vous conseille aussi de ne pas ouvrir ce livre au beau milieu d’une tempête (et là encore je parle d’après mon expérience). J’ai eu la bonne idée de m’enfoncer dans Tenebra Roma alors que dehors c’était un déluge de pluie torrentielle. Le cadre extérieur collait tellement bien à l’ambiance décrite dans le livre que j’ai commencé à flipper au moindre bruit extérieur. J’ai fermé ma porte à double tour, allumé toutes les lumières, et fermé mes volets pour être sûre d’être à l’abri.
Et ces sensations qui nous submergent tout au long de la lecture, c’est une volonté de l’auteur. Il l’explique dans sa note à la fin du livre :

« Comme je voulais que les pages donnent un sentiment d’égarement et de claustrophobie, j’ai accepté la proposition de Francesco Orfino de me guider dans le sous-sol de Rome »

Alors, là, M. Carrisi, chapeau parce que la sensation de claustrophobie je l’ai ressentie tout au long du roman. (Je dois vraiment être complètement maso pour avoir finalement adoré le livre alors même qu’il a été une véritable torture à lire!). Mais à côté de toutes ces sensations de peur, d’emprisonnement, d’égarement, il y a aussi une belle histoire derrière. Une envie de retrouvaille, une tension sexuelle entre deux personnages (à peine décrite, simplement évoquée). Et par dessus-tout, l’envie de comprendre. Qui fait ça ? Pourquoi ? Dans quel but ? Avec l’aide de qui ? Comment choisit-il ses victimes ? En véritable mordue d’enquêtes policières, j’ai cru tenir le coupable jusqu’au bout. Tout collait, j’en étais sûre. Et puis j’ai lu les dernières pages…

En bref, si vous aussi vous prenez la décision de lire Donato Carrisi, vous plongerez dans une Rome sombre, une Rome des ténèbres, régie par la loi du plus fort et du plus violent. Vous verrez la criminalité ressortir par tous les pores de sa peau. Tout le monde est impliqué, personne n’y échappe. Qu’on soit simple citoyen, membre du clergé, policier reconnu, réputé et admiré, nous sommes tous dans le viseur d’un bourreau de l’ombre.
Véritable enquête sociologique, avec cet ouvrage, l’auteur nous montre également les conséquences d’un retour au Moyen-Age sur une population habituée au confort. Même les personnes les plus respectables de la société ont une part d’ombre et de mystères.

« Rome ne s’est pas construite en un jour », par contre Donato Carrisi l’a détruite en 24 heures.
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3 commentaires sur « Tenebra Roma »

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