Petit Coeur

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Kim Van Kooten

A paraître chez Calmann-Levy.

 

« Le conte de fées d’une mère, le cauchemar de sa fille.

[…]

Inspiré de l’enfance terrible de la meilleure amie de l’auteur, un premier roman aussi bouleversant que perturbant. Le portrait d’une mère dans le déni à couper le souffle, et un regard inédit sur l’inceste.

 

Le livre que je vous partage aujourd’hui aborde un sujet terrible d’une manière crue, infantile et réaliste (ces trois adjectifs mis bout à bout en de telles circonstances sont assez dérangeants.) Âmes sensibles s’abstenir.
Je ne vous ai pas mis le résumé qui était sur la quatrième de couverture pour deux raisons. La première est qu’il est très long et qu’il en dévoile beaucoup. La deuxième raison est simple : j’ai eu ce livre en « épreuves non corrigées » donc je ne suis pas sûre à 100% que le résumé sera le même lors de la parution du livre en librairie (février 2018).

Petit Cœur nous plonge dans la tête de Puck, une jeune fille de cinq ans. Puck et sa mère viennent de déménager chez « Bistouquet », le nouvel amant de la mère. Cette dernière vit enfin le conte de fée dont elle a toujours rêvé : manoir, fourrures, argent à gogo, rosé qui coule à flot… Puck, elle, a du mal à comprendre : pourquoi ne vit-elle pas avec son vrai papa ? Pourquoi ce « très vieux monsieur » veut-il absolument qu’elle l’appelle papa ? Et surtout… pourquoi ce « très vieux monsieur » insiste-t-il pour laver lui les cheveux  trois fois par semaine ?… pourquoi doit-elle poser nue sur le canapé chaque dimanche matin, alors que sa mère dort encore ?….

Pendant 9 ans, Puck va subir les intrusions de son « père » dans sa chambre, presque toutes les nuits. Alors même qu’elle sait que ce comportement n’a rien de normal, la jeune fille se tait : elle ne veut pas gâcher la vie de sa mère. Cette dernière ne voit rien, ne se doute de rien, et profite de sa situation. Elle qui maintenant peut se pavaner dans les plus belles boutiques de Rotterdam, qui peut sortir dans les plus beaux endroits, qui peut enfin fréquenter tous les salons de beauté les plus réputés, ne voit pas que sa fille dépérit jour après jour dans ce luxueux palace. Puck ne mange plus, perd du poids, ne se fait pas d’amis dans sa nouvelle école… Elle se coupe peu à peu du monde extérieur et personne ne s’en rend compte…

Sans titre 7

Loin du Lolita de Nabokov, ce premier roman de Kim Van Kooten nous touche en plein cœur. Le thème tabou de l’histoire est loin d’être minimisé ou caché. Tout est décrit avec un tel réalisme que ça nous prend aux tripes. Le fait que l’histoire soit écrite à la première personne du singulier nous donne l’horrible impression de subir tout ce que Puck subit et de ressentir tout ce qu’elle ressent. Jusqu’au bout, on a envie de lui hurler de tout dire à son professeur. Jusqu’au bout, on a envie de secouer fort la mère et de lui crier de se réveiller. Jusqu’au bout, on a envie d’émasculer ce vieillard dégoûtant qui profite de son argent pour arriver à ses fins.

Entre le personnage du « père » et celui de la mère, je ne sais pas lequel me dérange le plus. Forcément, le « père » me répugne, me fait vomir, tout ce que vous voulez. Mais à côté de ça, il offre à la petite une sécurité financière et sociale qu’elle n’avait pas avec sa mère avant ça. (Je ne veux en aucun cas le dédommager ou excuser son comportement, simplement je vous donne l’idée de l’état de votre cerveau pendant la lecture !!). Il a un côté rassurant auprès de la petite. Mr Jekyll & Dr. Hyde. Et puis la mère, on a envie de lui renverser un seau d’eau froide sur la figure, de lui hurler de se réveiller, d’ouvrir les yeux, de ne plus penser à sa petite personne, mais de voir que sa fille a besoin d’elle.

Au fur et à mesure de la lecture, tous les personnages qui gravitent autour de Puck deviennent de plus en plus insupportables, détestables. Il nous vient l’impression qu’ils ferment tous les yeux, qu’ils ne voient pas à quel point la jeune fille est mal dans sa peau. Même les médecins, aveuglés par la vision de gentleman du propriétaire de camping-car, ne voient pas que la petite est sous-alimentée et que ce n’est pas seulement un caprice… Et puis, le lecteur se rend compte que si personne ne voit rien, c’est parce que Puck le cache. Nous le savons parce que nous voyons l’histoire se dérouler à travers ses yeux, mais les gens autour sont trompés par le masque qu’elle place sur son visage à chaque fois qu’elle croise quelqu’un…

Combien de temps va-t-elle pouvoir garder ce secret ? Combien de temps va-t-elle tenir le coup ? Ce sont les deux questions qui tournent en boucle lors de la lecture !

Un roman à découvrir absolument, en librairie le 1 février 2018 !

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