Chimaeris

image_6483441 (13).JPG

Eric Tourville, 

publié chez Slatkine & Cie, 2018.

« Dans l’hiver glacial du Vermont, pas très loin de Salem, une maison abandonnée, quatre cadavres de petites filles carbonisés, la cinquième a disparu… L’enquête commence. La presse joue la piste pédophile, la police, celle de la sorcellerie. Et si ce n’était qu’une chasse à l’homme dont le gibier était l’Homo sapiens ? »


Entre enquête pédophile, sorcellerie, complots scientifiques et policiers trop impliqués, Chimaeris est une histoire prenante, haletante et qui nous retourne bien le cerveau. Tout ce que vous pensiez savoir est faux, toutes les pistes que vous élaborerez seront erronées…

Le Lieutenant Frémont est appelé sur une scène de crime particulièrement horrifiante : quatre cadavres carbonisés ont été retrouvés dans les cellules du sous-sol d’une vieille bâtisse abandonnée. Le pentagramme tracé en rouge au dessus de la porte réveille de vieilles légendes sur cette maison : elle aurait été construite par une famille de sorcières fuyant Salem…

Gus, ancien militaire, est obligé de survivre dans un mobile home, juste en face des ruines de la maison familiale. Pour gagner un peu d’argent, il récupère du matériel en plus ou moins bon état et tente de le revendre. Au mauvais endroit, au mauvais moment, c’est l’histoire de Gus. Alors qu’il cherchait un peu de ferraille autour de la ferme Higgins, il va tomber nez-à-nez avec une petite fille, muette, tremblante, pratiquement nue…

Dawn est cette petite fille qui semble comprendre l’anglais mais ne le parle pas. Que faisait-elle autour de cette ferme abandonnée ? Pourquoi est-elle si mystérieuse et si méfiante ? Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Pourquoi Gus se sent-il obligé de prendre soin d’elle ?

Sans titre 7

i m p r e s s i o n    g é n é r a l e : une ambiance prenante ! Le lecteur est vite pris dans l’histoire, les questions s’enchaînent et ne trouvent pas forcément de réponses. J’avais très peur de tomber dans un monde complétement fantastique et magique, peuplé de sorcières, mais non ! Sans vous en dire plus, l’atmosphère magique est présente, mais l’histoire reste rationnelle. J’ai simplement eu un peu de mal avec les descriptions trop scientifiques, mais elles sont indispensables pour comprendre le fin mot de l’histoire.

l e    s t y l e    d e    l’ a u t e u r : scientifique, affligeant, et réaliste. Réaliste parce que tout au long du roman, le lecteur est pris à la gorge. Les odeurs évoquées dans le roman se sentent. Les impatiences, la douleur, les incompréhensions attaquent le lecteur. Et puis cette atmosphère ! Sombre, paniquant, fantastique par moments, le cadre que nous dépeint Eric Tourville dans Chimaeris m’a bluffé. J’ai eu peur, j’ai voulu fuir, j’ai essayé de comprendre, d’enquêter moi aussi, j’ai ris (de temps en temps), j’ai adoré et détesté les personnages. J’étais, moi aussi, dans le Vermont, rien qu’avec des mots.

l e    p e t i t    p l u s: la part de supernaturel et de paranormal qui flotte sur toute l’histoire. Même si tout a une explication rationnelle, les légendes et les croyances ont la vie dure. Au travers de ces personnages exceptionnels (Dawn notamment), le lecteur se prend vite au jeu et se surprend à penser que les sorcières existent quand même, que le Diable est peut-être venu sur Terre, et que la vie humaine est menacée. Et puis, il faut quand même préciser que si Eric Tourville est français, les codes du roman noir américains sont tous réunis, et maîtrisés !

e n    b r e f : un roman exceptionnel. Prenez des personnages attachants, touchants et un poil caricaturés (l’équipe de flics, surtout) ; un voyage dans le temps, dans l’espace et sur Terre ; des légendes ; des gens rationnels ; des scientifiques, mixez le tout et vous n’obtiendrez qu’une petite partie de Chimaeris ! Ces 500 pages vous feront frissonner de plaisir. (Bon j’avoue, de peur aussi, un petit peu!)

Véritable page-turner, ce premier roman d’Eric Tourville est incontournable ! 


« Le froid était de plus en plus vif. Toute la soirée, Gus avait espéré en vain que la gamine réapparaisse. Peut-être avait-elle fui très loin. Dans des situations de danger, le réflexe naturel de tout individu est de retourner là où il a vécu enfant. Mais d’où venait-elle ? Avec ce qu’elle avait subi, elle hésiterait à entrer en contact avec des inconnus. »
Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s